19 mars 2008

Les libanais et leur président..

LibanL'ancien président libanais Emile Lahoud a terminé son mandat le 23 novembre 2007 en quittant le palais présidentiel, sans remettre le pouvoir suprême à un quelconque successeur. Le parlement qui devait selon la constitution libanaise, se réunir avant un mois de la fin du mandat présidentiel, pour élire un nouveau président de la République, ne s'est pas réuni faute d'un accord entre les différents groupes politiques.

Les arguments en faveur de l'une ou de l'autre des positions exprimées par les différents protagonistes libanais, ne manquent pas. Il n'empêche que le Liban est un pays – peut être le seul pays au monde – sans chef de l'Etat depuis le 23 novembre 2007. Avant la fin du mandat du Président Emile Lahoud, personne n'imaginait sauf peut être les libanais, que le Liban pourrait continuer à vivre et éviter une guerre civile sans l'élection d'un Président de la République. Il faut se rappeler des commentaires qui  avant le 23 novembre 2007, prédisaient un retour à la guerre civile en cas d'un vide présidentiel. Les moins pessimistes affirmaient qu'un report de l'élection d'un président de la République libanaise est inacceptable. Des hauts responsables américains, européens, arabes et autres se sont rendus à plusieurs reprises à Beyrouth "pour résoudre la crise libanaise". Aucun de ces émissaires n'a réussi à débloquer "la crise libanaise" et ouvrir la route à une élection d'un président de la République.

Pendant ce temps et alors que tout le monde et surtout les hauts responsables des pays concernés, parlaient de crise libanaise et de situation inacceptable, les libanais continuent à vivre normalement. Certains répondent par un sourire candide lorsqu'on leur demande leur avis sur la "crise libanais". Rien n'a changé dans la vie de tous les jours des libanais. Depuis le départ du Président Emile Lahoud, l'économie libanaise n'a pas connu de secousses ou de crise et la lire libanaise est toujours stable. En fin de compte les libanais ont découvert que l'absence d'un président de la république à la tête du pays, n'est pas une source de catastrophe, de guerre civile ou de crise.

Alors, pourquoi ces cris surtout à l'extérieur du Liban, prédisant des catastrophes si les libanais n'élisaient  pas assez rapidement  un président et pourquoi des pays arabes ne cachent plus leurs inquiétudes si cette "crise libanaise" se prolongeait? Et pourquoi les libanais ne sont pas inquiets?

L'explication est simple: pour la première fois, un pays arabe apporte – involontairement – la preuve qu'il est possible à un peuple de vivre – et peut être mieux vivre – sans avoir à subir à tout instant la présence d'un chef de l'Etat qui croit et fait croire à son peuple, que sans lui rien ne marche et qu'il est le seul à pouvoir protéger le pays des catastrophes.

Les libanais qui ne sont pas inquiets de vivre dans un pays sans chef de l'Etat, peuvent avoir des soucis si les autres peuples arabes trouvaient dans  cette "crise libanaise" un bon exemple à suivre. Ces peuples arabes peuvent s'interroger – en regardant l'exemple libanais – sur l'utilité de leurs rois ou présidents et sur la crédibilité des discours de leurs chefs d'Etat  faisant croire que sans eux, le peuple serait poussière..

Posté par sellami hosni à 19:48 - Commentaires [0] - Permalien [#]


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